HISTORIQUE

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L'APOGÉE DU CINÉMA MUET

1914 - 1929

 

 

 

        Avant que le cinéma parlant ne déferle dans les salles obscures à la fin des années 1920, le muet va connaître ses dernières, mais aussi ses plus glorieuses, années d’existence. C'est aussi à partir de 1914 que les studios hollywoodiens vont, par leur organisation et leur rayonnement, s'imposer comme le temple du septième art et, grâce à l’interruption de la production européenne durant la guerre, ils exporteront de nombreux films, notamment les mises en scène burlesques qui assureront leur triomphe planétaire. Sur le vieux continent, le cinéma évolue différemment selon les pays : l’expressionnisme voit le jour en Allemagne, l'impressionnisme apparaît, lui, en France, tandis qu'en Russie se développe une production privilégiant le travail sur les effets du montage.

 

 

 

   

 

 

        Un Cinéma Pour Égayer La Dure Réalité

        

        En 1914, la guerre éclate sur le vieux continent, et, comme beaucoup d'autres hommes, de nombreux acteurs sont mobilisés. La L'émigrant, de Charlie Chaplin (1917 )production cinématographique européenne est alors presque totalement interrompue, et lorsque le public se réfugie dans les salles obscures pour tenter d'oublier les horreurs du front, il se retrouve  nez à nez avec Charlie Chaplin. Ce jeune américain a su, et c'est là une des raisons de son grand succès, proposer un style original, inventant face à la caméra son personnage malchanceux, facilement reconnaissable avec sa moustache et son chapeau melon. Son allure inimitable lui permet de détrôner en peu de temps l'élégant Max Linder, qui, après avoir été découvert par Charles Pathé, régna sur les écrans jusqu'aux premières heures de la guerre. Le désormais célèbre Charlot, lui, fut, lors de ses débuts, parrainé par le réalisateur Mack Sennett, dont l’intuition a aussi permis de lancer Glorias Swanson, Mabel Normand et Fatty Arbuckle. Parallèlement à sa recherche de nouveaux talents, ce cinéaste américain, metteur en scène des Keystone Comedies, toujours entouré de ses Bathing Girls, tourne des films remplis de bonne humeur, et devient, en peu de temps, l'un des premiers grands maîtres du burlesque, mêlant allègrement courses folles et tartes à la crème.  

 

        A Los Angeles, l'industrie cinématographique est alors en plein essor, et, grâce au ralentissement brutal de laSymbole éclatant des studios hollywoodiens en plein essor production sur le vieux continent, elle exporte, dans des quantités qui ne cessent de croître, ses diverses mises en scène. C'est donc à partir de 1914 que le septième art américain, jusque là soumis à la suprématie européenne, va s'imposer comme la plus importante, et probablement la plus influente, des cinématographies mondiales. En 1919, les films venus des États-Unis représentent environ 90 pour cent des projections réalisées dans les salles des cinémas européens. Ce développement impressionnant est un des principaux facteurs qui donne naissance à la fascination pour un lieu, aujourd'hui mythique, où sont regroupés tous les studios des plus grandes entreprises de production, Hollywood. C'est en effet pendant la guerre, que le temple du septième art, qui connaîtra ses glorieuses années entre 1920 et 1960, commence à attirer plusieurs cinéastes européens et notamment français.  

 

        Parmi eux, Louis Gasnier, l'un des plus célèbres à cette époque, s’installe sur la côte ouest des États-Unis, après que Pathé lui ait Vampires, de Louis Feuillade (1915-1916) proposé d'aller y diriger une de ses filiales. Fort de l’expérience acquise en ayant, quelques années auparavant, mis en scène les premiers Max Linder, il se lance, dès 1914, dans la réalisation de films à épisodes. Avec les mystères de New-York, dans lequel le public découvre Pearl White, il connaît rapidement un succès prodigieux. Un an plus tard, c'est au tour de Louis Feuillade, le créateur du bondissant  Fantômas, de présenter  Les vampires. Puis, en 1916, deux ans après son triomphe avec Naissance d'une nation, David W. Griffith est à nouveau sous le feu des projecteurs, avec un film intitulé Intolérance, dont l’impressionnante mise en scène regroupe quatre épisodes de l'histoire du monde. Le tournage, lui, engloutira un budget de deux millions de dollars, ce qui est colossal pour l'époque, et réunira devant les caméras plusieurs milliers de figurants.  

 

 

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