HISTORIQUE

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l'arrivée de la couleur 

dans les salles obscures

1945 - 1960

 

 

 

        Au lendemain de la seconde guerre mondiale, le cinéma va connaître un de ses bouleversements majeurs dû à l’émergence du néoréalisme italien, dont la force est d’annoncer une nouvelle approche de la mise en scène. Au cours des années 1950, ce mouvement aura pour écho les premiers véritables films dits "d’auteur", qui se développent un peu partout en Europe, mais ont, bien qu'ils influenceront les cinéastes des nouvelles vagues de la prochaine décennie, du mal à s'imposer face à la majorité de la production, standardisée, dénotant une certaine sclérose du cinéma. Outre Atlantique, malgré quelques faits tendant à menacer sa suprématie, Hollywood entre, elle, dans une période de production relativement faste, qui s'achèvera durant les années 1960, époque de sa première grande crise.   

 

 

 

   

 

 

          La Révolution Cinématographique En Italie

 

        Durant les années d'après guerre, le septième art italien va, grâce à l’émergence du néoréalisme, connaître un important bouleversement. A l'aube des années 1940, certains cinéastes, de plus en plus souvent confrontés Rome ville ouverte, de Roberto Rossellini (1945) au manque d'argent pour financer leurs tournages, s'aventuraient déjà hors des studios, et descendaient dans la rue pour y placer leurs caméras. Mais cette plus grande liberté dans la manière de concevoir le cinéma, qui est une des caractéristiques principales de ce nouveau mouvement, prend véritablement son essor à partir de 1945. Les réalisateurs s'attacheront désormais à capturer les images de la réalité, et relateront ainsi la vérité du moment qu'est la misère tragique du peuple, répondant de ce fait aux attentes des critiques italiennes qui souhaitaient un cinéma moins nourri de futilités. Dans ces films, les personnages sont autant incarnés par des acteurs professionnels, quand ils acceptent les rôles, que par de simples amateurs, et représentent peu à peu des individus à part entière auxquels les spectateurs s'attachent, les aimant sans les juger. Cette révolution prendra une telle ampleur en Italie, et influencera, plus ou moins directement, tant de cinématographies dans le monde, qu'elle représente, encore aujourd'hui, probablement le phénomène le plus important dans l'histoire du septième art.

        

        Les nombreuses mises en scène qui appartiennent à ce mouvement sont, pour la plupart, porteuses d'un Riz amer, de Giuseppe de Santis (1949) profond humanisme, et laissent entrevoir, derrière une implacable détresse, la flamme d'une espérance croissante; et plus l'ouragan du conflit planétaire s'éloigne, plus l'optimisme parsème les scénarios. Mais la vie quotidienne reste toutefois peu réjouissante, et sait se révéler cruelle pour certains, ce que montre un bon nombre de réalisateurs. Les précurseurs de ce courant sont des metteurs en scène comme Luchino Visconti, qui, dès 1942, tourne Ossessione, proposant ainsi une amorce de réconciliation avec le tournage en extérieur ainsi qu'avec la fonction documentaire d'un film. Cependant, c'est au cours des premières projections de Rome ville ouverte, présenté par Roberto Rossellini l'année de la libération, que le terme de néo-réalisme commence à être véritablement employé. Ce film, annonçant le début officiel du jeune mouvement, est considéré comme une œuvre fondamentale dans l'évolution du cinéma.

       

        Dès lors, l’impulsion est donnée, et, aux côtés de Rossellini et Visconti, s'illustrent des cinéastes tels queSciuscia, de Vittorio De Sica (1946) Vittorio De Sica ou Giuseppe De Santis. Les réalisations qui resteront des œuvres décisives pour le néoréalisme s’enchaînent alors sur les écrans. Roberto Rossellini tourne un film construit en six épisodes, évoquant la guerre et l’immédiate après-guerre, intitulé Paisà. Vittorio De Sica, lui, présente, dans Sciuscia, l'histoire de deux enfants cirant les chaussures des GI’s pour survivre dans les rues de Rome, avant d'être mis en prison où leur amitié se déchirera inexorablement. Puis, toujours grâce au même cinéaste, le public découvre, dans Le voleur de bicyclette, un chômeur qui, après être parvenu à se faire embaucher comme colleur d’affiches, se fait subtiliser, telle une incarnation du sort qui s'acharne sur sa pauvre vie, un de ses seuls biens, sa bicyclette. Quant à Giuseppe de Santis, il réalise Chasse tragique et Riz amer, des mises en scène moins connues mais toutes aussi importantes dans l’affirmation du nouveau mouvement italien.  

 

 

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