HISTORIQUE

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le cinéma sans frontière

1989 - 2001

 

 

 

        Dès 1989, et durant toute la prochaine décennie, l'apparition de jeunes réalisateurs européens, et à travers eux l'originalité ainsi que l'inventivité de leurs œuvres, va faire connaître au cinéma un renouveau esthétique, en privilégiant entre autres la liberté et le mouvement dans la mise en scène. Aux Etats-Unis, les studios hollywoodiens, devenus en quelques années les rois des superproductions spectaculaires, assurent la majorité des projections, et seule une poignée de réalisateurs continue à présenter des œuvres en marge du système de production industriel. Mais les années 1990 sont surtout témoin de l'émergence de nombreuses cinématographies, notamment Asiatique mais aussi Africaine et Européenne, qui, jusque là, restaient inexistantes ou relativement confidentielles.

 

 

 

   

 

 

        Une Nouvelle Génération De Cinéastes En France

 

        Au cours des années 1990, un phénomène semblable à celui qui bouleversa trente ans plus tôt les annéesL'histoire du garçon qui voulait qu'on l'embrasse, de Philippe Harel (1994) 1960, va donner une nouvelle vitalité à l'art cinématographique. Le précurseur de cette nouvelle impulsion est Eric Rochant, qui, dès 1989, réalise Un monde sans pitié, dans lequel un glandeur, un de ces hommes que l'on surnomme à l'époque "un ventre mou", se balade sur les toits en philosophant. L'innovation de cette mise en scène inspire de nouveaux venus dans le monde du septième art, et chaque année, une vingtaine de cinéastes présentent leur première œuvre. Ainsi, Cédric Kahn tourne Bar des rails puis Trop de bonheur, Cédric Klapisch présente Riens du tout, Edwin Baily signe Faut-il aimer Mathilde, et Philippe Harel réalise Un été sans histoire puis L'histoire du garçon qui voulait qu'on l'embrasse. Comme tous les nouveaux courants, cette nouvelle manière de filmer se démarque nettement du cinéma qui l'a précédé, en l'occurrence de celui pratiqué dans les années 1980, et, à la qualité standardisée qui entraînait peu à peu un déclin de l'innovation, il propose l'invention et la liberté.

 

        Au même moment, le cinéma féminin, avec en chefs de file des réalisatrices telles que Claire Devers et Claire Denis, Petits Arrangements avec les morts, de Pascale Ferran (1993) prône lui aussi la recherche de l'innovation. Comme plusieurs hommes de leur génération, ces femmes se sont choisies John Cassavetes, metteur en scène phare du cinéma indépendant des années 1960, pour principal modèle, ce qui se perçoit surtout dans leur souci de filmer la réalité et la vérité du moment. Ainsi, Agnès Merlet présente, avec Le Fils du requin, deux gamins qui terrorisent les habitants d'un petit village du nord de la France. A travers cette mise en scène, dont le style pourrait être qualifié de naturalisme poétique, elle évoque le désespoir grandissant des gosses, tout en transcrivant leur inlassable imaginaire. Pascale Ferran, elle, tente de décrire comment chacun vit, à sa façon, la mort des gens aimés. Mais si le sujet est grave, l'atmosphère reste toutefois ludique, car c'est là, outre l'attention particulière apportée au mouvement, une des caractéristiques du nouveau cinéma, qui se veut avant tout fluide et léger. Dans Personne ne m'aime, un vieux camping-car, avec à son bord Bull Ogier et Bernadette Lafont, fait escale de plage en plage sur les côtes de la Manche; et dans Pas très catholique, Anémone joue les détectives privés sur le pavé des rues parisiennes.

 

        Enfin, au milieu de ces mises en scène, figurent celles d'un jeune cinéaste dont le talent sera une desLa Sentinelle, d'Arnaud Desplechin (1992) révélations majeures des années 1990. En effet, Arnaud Desplechin utilise avec virtuosité sa caméra, et affirme un style personnel qui inspirera plus d'un réalisateur. Dans La vie des morts, il montre la terreur qui inonde la vie de jeunes gens dont un des proches, leur cousin du même age qu'eux, va bientôt mourir. Dans La Sentinelle, un étudiant de médecine, se prénommant Mathias, essaie de découvrir, à l'aide de son scalpel, l'identité d'une tête réduite. Ensuite, en 1996, il tourne Comment je me suis disputé: les affres d'un jeune assistant de faculté qui n'ose pas prendre la femme qu'il aime à son meilleur ami. Dans ses mises en scène, Desplechin joue avec le spectateur, et sait aussi bien donner du rythme et du mouvement que filmer la matière, l'enveloppe, pour rendre visible cela même qui ne semble pas l'être. Parallèlement, un autre cinéaste, venu de Pologne, se révèle aussi comme un des personnages éminents de cette décennie; ce cinéaste c'est Kieslowski. Après avoir tourné le célèbre décalogue, il réalise une trilogie superbe où son talent se dévoile entièrement. Ces trois films, intitulés Bleu, Blanc et Rouge, parviennent, comme peuvent le faire ceux de Desplechin, à montrer l'invisible et se font écho par des liens subtils.

  

 

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