HISTORIQUE

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le triomphe des superproductions

1974 - 1989

     

 

 

        Au cours des années 1970, les Major Companies hollywoodiennes, fortement remises en question depuis l'aube des années 1960, restructurent leur système de production afin d'offrir, dans les salles obscures du monde entier, des superproductions au budget impressionnant, où les effets spéciaux abondent. Parallèlement, en Europe, le cinéma d'art et d'essai vit, grâce entre autres aux cinéastes français, son Age d'or. Puis, les Etats-Unis redevenant très influents, certains réalisateurs prennent exemple sur les superproductions hollywoodiennes, tandis que d'autres signent, comme en Espagne, en Grande-Bretagne ou en Allemagne, des œuvres évoquant des problèmes de société. Quant au cinéma italien, il traverse une crise esthétique, dûe notamment à l'absence de renouvellement de génération.

 

 

 

   

 

 

        La Reconversion Des Studios Hollywoodiens

 

      Devant la persistance d'une sclérose esthétique qui touche la majorité de leurs oeuvres, les Major CompaniesManhattan, de Woody Allen (1979) hollywoodiennes se voient contraintes de retravailler leur système de production, dont le fonctionnement avait fait ses preuves jusqu'aux années 1960. Elles ont alors, dès les années 1970, l'idée d'animer les écrans des salles obscures avec des superproductions, réalisées avec des budgets souvent impressionnants, servant en particulier à inonder la mise en scène d'effets spéciaux toujours plus poussés. Le précurseur de cette reconversion est Stanley Kubrick, qui, dès 1968, signait 2001: l'Odyssée de l'espace. Cependant, ce n'est que quelques années plus tard que se développent véritablement ces nouveaux films à grand spectacle. Les scénaristes, les producteurs et les réalisateurs qui en sont à l'origine s'appuient avant tout sur le savoir-faire d'Hollywood concernant les mises en scène spectaculaires, afin de moderniser des genres quelque peu tombés en désuétude. Ainsi, Lucas revisite la légende de la quête du Graal et, dans La guerre des étoiles, présenté en 1977, lui donne un cadre de science-fiction. Steven Spielberg, lui, renouvelle les films fantastiques en signant, dès 1971, Duel, avant de tourner les Dents de la mer puis Rencontre du troisième type. Quant à Francis Ford Coppola, il réalise Apocalypse Now, œuvre moderniste où mise en scène et décors évoquent l'opéra.

 

        Mais, si ces superproductions sont à l'honneur tant sur les écrans des salles obscures  E.T. l'extraterrestre, de Steven Spielberg (1982)américaines que mondiales, et ne cesseront de l'être durant la prochaine décennie, elles ne sont pas les seules à remporter un grand succès. En effet, à côté de ces films spectaculaires, un héros atypique va voir le jour. Al Pacino, pathétique et attachant, sera un des acteurs phares des années 1970, et après avoir sévi en Amérique, il partira à la conquête de l'Europe. Devant les caméras, les spectateurs le découvre, par exemple, rentrer par effraction dans une banque afin d'y voler l'argent qui lui sera nécessaire pour payer l'opération de son ami homosexuel. Face aux policiers qui tentent de l'arrêter, il lance, en criant: Attica, Attica!, ce qui a pour but de leur rappeler la prison portant ce même nom, et les massacres qu'ils y ont commis. Mais on peut aussi le suivre lorsqu'il traque les ripoux dans la police de New-York, ou bien encore s'envoler avec Kitty Winn dans un éphémère voyage au bout de la drogue. 

 

        Durant les années 1980, pendant que les golden boys s'agitent à Hall-street, sur les écrans, les superproductions règnent en maître, redonnant aux maisons de production hollywoodiennes la domination surGens de Dublin, de John Huston (1987) l'industrie cinématographique, dont elles jouissaient au cours des années 1930, 1940 ou 1950. Steven Spielberg, qui est alors en pleine ascension, réalise Les aventuriers de l'arche perdue, puis imagine ensuite un gentil extraterrestre, se prénommant E.T., dont la silhouette fera le tour du monde. Francis Coppola, lui, se plait de retourner en enfance lorsqu'il tourne Peggy Sue s'est mariée et The Outsiders. A contre courant de ces mises en scène influencées par l'esprit d'enfance des studios de Walt Disney, des films, qui jouent la carte de l'agressivité, tels que les Rambo - 1, 2, puis 3, voient le jour sur les écrans, prenant pour décor les terrains de guerre du Viêt-nam ou de l'Afghanistan. Mais un des faits les plus marquants de cette décennie, parce qu'il illustre parfaitement la reconversion réussie d'Hollywood, est probablement l'extraordinaire succès de Batman, présenté par Tim Burton en 1989. Ce film, adapté d'un feuilleton télévisé des années 1940, fait une des plus importantes recettes de l'histoire du cinéma hollywoodien et suscite une véritable "batmania".

 

 

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