HISTORIQUE

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L'ÉMERGENCE DES FILMS PARLANTS

1929 - 1945

 

 

 

        A l'heure où la bourse new-yorkaise s'effondre, le cinéma parlant s'installe dans le célèbre quartier de Los Angeles, Hollywood, dont la simple évocation du nom suffira désormais à faire rêver le monde entier. Puis la sonorisation des films gagne ensuite les salles obscures européennes, et le septième art français se distingue alors, outre la gaieté de ses bandes originales, par la grande importance qu'il accorde aux dialogues. Parallèlement, dans les pays dirigés par un régime totalitaire, le cinéma, que ce soit pendant les années 1930 ou durant la guerre, se voit tour à tour devenir un refuge loin de la réalité, un moyen de propagande, et une voix qui s'élève pour dénoncer la terreur des pouvoirs despotiques. Enfin, entre 1939 et 1945, les studios hollywoodiens sont, la quantité impressionnante de films produits en témoigne, au sommet de leur gloire.  

 

 

 

   

 

 

        La Révolution Du Cinéma Parlant A Hollywood

  

        Après plus de 30 ans d'existence, durant lesquelles il n'a cessé de charmer  son public avec ses images vivantes, le septième art va désormais séduire le monde avec la mélodie de ses musiques comme de Le chanteur de Jazz, d'Alan Crosland (1927) ses mots. Expérimentées dès l'invention du cinéma, les techniques sonores ne commencent à être exploiter qu'au milieu des années 1920, lorsqu' est constatée une légère baisse de la fréquentation des salles obscures. La firme Warner est la première à présenter, dès 1926, une mise en scène sonore intitulée Don Juan, où une musique appropriée a été synchronisée avec la bande image. Mais le premier film véritablement parlant de l'histoire du septième art est Le chanteur de jazz, produit un an plus tard par la même firme, dans lequel Al Jolson entonne "Swanee". Cette audace d'un tel changement, alors que les films muets étaient jusque là unanimement admirés, se révéla rapidement fructueuse, et, en 1930, les spectateurs  s'émerveillent en entendant, de plus en plus souvent résonner dans les salles, la familière mélodie du langage. Cependant, tandis que les réalisateurs et la clientèle des cinémas se réjouissent de ce bouleversement, les acteurs hollywoodiens, eux, qui n'ont toujours travaillé que leur démarche et leur gestuelle, appréhendent de prononcer leurs premiers mots face aux caméras.

        

        La crainte est compréhensible, car il suffit d'une voix un peu trop singulière à l'écoute pour effacerGreta Garbo (actrice suédoise ; 1905-1990) une silhouette des écrans. C'est ainsi que plusieurs acteurs seront, bien qu'ils aient eu un jeu et un style d'interprétation intéressants, inexorablement oubliés. John Gilbert, par exemple, dont les femmes appréciaient la virilité, se voit refuser tout les plateaux de tournage, sans doute pour cause de cordes vocales ne produisant pas le son adapté à la masculinité affirmée qui faisait son charme. Pour d'autres, au contraire, la chance est au rendez-vous, et ce récent bouleversement asseoira leur notoriété durant les prochaines années. Parmi eux, figure notamment Greta Garbo, qui, dans Anna Christie de Clarence Brown, prend pour la première fois la parole face à la caméra. Au cours de ce film, le public la découvre pénétrant dans un café, posant son sac sur une table, pour s'asseoir enfin, et demander à un des serveurs : "give me a whisky, ginger ale on the side and don’t be stingy baby" ("donne-moi un verre de wisky, un verre de ginger ale et ne sois pas radin mon petit"). Sa voix grave, musicale et sensuelle, lui fera franchir avec succès le cap de la transition entre le muet et le parlant.

 

        Un autre changement, soudain et bien plus difficile à vivre, est celui que beaucoup d'américains doivent New York-Miami, de Frank Capra (1934)affronter au quotidien, après la crise boursière de 1929 : la misère et la dépression assassinent brusquement l'insouciance des années 1920. Les soupes populaires sont alors prises d'assaut, et, dans les longues files d'attente, on discerne de temps à autre une voix entonnant ironiquement une chanson à la mode : "Brother can you spare a dime "mon pot peux tu me passer trois sous". De plus, la crise fait aussi des victimes dans le rang des businessmen rutilants, et aux côtés des laissés pour compte, noyés dans la pauvreté, viennent s'ajouter les suicides de ceux qui ont fait brusquement faillite. Enfin, le climat d'angoisse et d'insécurité, lié au chômage et à la délinquance urbaine, ne vient qu'assombrir le tableau de ces années difficiles. Mais c'est dans ce contexte, caractéristique de la  dépression américaine, que les salles de cinéma sont envahies par les spectateurs, qui, ayant dépensé quelques cents pour pouvoir s'asseoir devant les écrans, souhaitent oublier un instant, dans l'illusion et la magie des films, la triste et affligeante réalité de leur vie.  

 

 

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